La mansarde/logement, 7 avenue des Celtes, Etterbeek, 1940–1946
Antoine Mortier est mobilisé le 1er août 1939. Le caporal au 10ème de ligne chez les Chasseurs ardennais part en campagne. La petite famille habite la mansarde d’un bâtiment avenue des Celtes que les V1 survoleront à un rythme soutenu toute la guerre fig. 1fig. 2fig. 3. Mortier, démobilisé pour une intervention chirurgicale en 1940, deviendra choriste au Théâtre royal de la Monnaie de 1940 à 1947. [Cfr. Décryptage : Antoine Mortier et l’art lyrique].
L’atelier mansarde, 28 de la rue des Boers, 1947–1953
Avec la naissance de sa seconde fille, la famille s’agrandit et un déménagement devient impératif. Emilienne, son épouse, quitte la Maison Natan et installe son salon de couture au rez-de-chaussée de la maison de la rue des Boers à Etterbeek, tandis que l’atelier de Mortier occupe le minuscule grenier fig. 4fig. 5fig. 6.
L’atelier dans l’hôtel particulier de la Baronne Lambert, 24 avenue Marnix, 1953-1956
La Baronne Lambert, grande amatrice d’art et mécène, accueille Antoine Mortier dans son hôtel particulier du 24 avenue Marnix à Bruxelles fig. 7fig. 8. L’atelier est magnifique, grand, lumineux et reçoit régulièrement la visite de son hôte et de ses invités. L’artiste peut enfin créer sans contraintes. Malheureusement un incendie ravage l’immeuble en février 1956. Mortier participe à l’évacuation de son atelier, des espaces privatifs et des tableaux de maîtres. Comme une ombre errante, il rentre chez lui au petit matin dans une odeur de suie. Sa vie vient de rebasculer. Emilienne renonce à son salon de couture et est engagée, sur les conseils de Cécile Houtart-Schellekens, pour gérer le rayon haute couture de Sarma-Lux dans le tout nouvel ensemble commercial du goulet de l’avenue Louise.
La mansarde de secours chez Madame Rona, 1957
Suite à son exposition personnelle dans la galerie « Les contemporains » du Coudenberg en 1955, Madame Rona, sa directrice, lui propose une mansarde au-dessus de la galerie en dépannage fig. 9.
Antoine Mortier n’a plus d’atelier praticable pour exercer la peinture et se morfond.
Durant cette année, l’artiste est proscrit de toutes les manifestations officielles en Belgique car sa production ne répond pas aux exigences des propositions. Il est le grand absent de l’Exposition universelle. L’artiste peintre est engagé du 18 décembre 1958 au 31 mai 1959 comme ouvrier encadreur dans les Etablissements Van Thienen de Saint-Josse-ten-Noode.
L’adresse est bien connue de tous les grands collectionneurs de l’époque pour son travail artisanal et le traitement à la feuille d’or.
L’atelier de la rue du Marteau 35, 1959-1967
La famille déménage en 1959 et vient s’installer rue du Marteau à proximité de l’entreprise.
Van Thienen entretient des liens amicaux avec l’artiste et l’encourage à reprendre le pinceau ; il lui suggère en 1959 la location d’un atelier à l’arrière d’un immeuble dans la même rue que son domicile. Les tableaux qu’il crée sont des cris de rage, d’injustice et de colère fig. 10fig. 11.
L’artiste renaît avec force et conviction. Mortier s’emporte dans des petits et grands formats énergiques à l’huile et à l’encre, sur toile et sur papier, certains supérieurs au mètre carré, sur les thématiques qui lui sont chères : la nature morte, l’objet et la figure fig. 12fig. 13fig. 14.
L’atelier de Piètrebais (Brabant wallon), rue Ecole des Filles 8, 1967-1993
Début 1960, Maurice Naessens et la Banque Paris-Bas acquièrent plusieurs toiles. Antoine Mortier achète sa première voiture (une Fiat 600) et apprend à conduire.
Il commence à rêver de sa maison-atelier et imagine les plans. Le corps d’habitation de plain-pied dont le toit nord est à une hauteur de 1,50m du sol pour la protéger du froid, est relié par quelques marches à l’atelier de 60m2. Celui-ci est éclairé par deux grandes fenêtres au nord pour bénéficier de la lumière fig. 15fig. 16. Toutes les fenêtres sud donnent sur la campagne ondoyante. Une étroite fenêtre en façade avant permet le chargement des toiles fig. 17. La maison devient une curiosité de l’endroit, et est appelée par les riverains « la maison de l’artiste ».
L’atelier du square des Cicindèles à Boitsfort, 1994-1996
Emilienne Mortier-Lempereur décède le 26 octobre 1992. Antoine Mortier vend sa maison-atelier et revient définitivement à Bruxelles dans un pied-à-terre. Dans un dernier sursaut, la salle à manger de l’appartement est transformée en atelier fig. 18. En octobre 1996, avant un ultime déménagement pour l’artiste, l’objectif saisit la métaphore de ses combats fig. 19.
Antoine Mortier décède le 26 janvier 1999.