L’Isola Comacina est l’unique île du lac de Côme et mesure 600m de longueur sur 150m de largeur fig. 1. Propriété de Monsieur Guiseppe Capriani, l’île de Comacina fut offerte par ce dernier en 1918 au Roi Albert 1er en reconnaissance du comportement héroïque de la Belgique lors de la grande guerre 1914-18. Albert 1er la rétrocède à l’Italie le 18 mai 1920 avec l’obligation d’y accueillir en échange chaque été des artistes belges et italiens en résidence.
Conçus dans leur cocon de verdure face à un paysage magique par l’architecte rationaliste italien Pietro Lingeri, trois bungalows-ateliers (aujourd’hui classés) offrent, dès la fin des années cinquante, aux résidents une palette exceptionnelle de tonalités chromatiques et une lumière toute particulière qui ne peuvent laisser la créativité des artistes indifférente.
Isola Comacina sera la destination de nos premières vacances familiales à l’étranger. fig. 2. L’île nous accueillit les mois d’août 1962 et 1965 alors que les huiles sur toile d’Antoine Mortier ont représenté la Belgique à la Biennale de Venise de 1962.
Mon père venait d’acquérir à 52 ans sa première voiture, une petite Fiat 600 et bénéficiaire d’une résidence, il embarqua femme et enfants pour monter à l’assaut des cols montagneux qui séparent son pays d’origine de celui qu’il avait découvert en solitaire dans le cadre d’une bourse d’études en 1959.
Les paysages, les lumières, les esprits de l’île, les objets l’inspirèrent. Mon père en traça la mémoire dans des encres et des aquarelles aux teintes subtiles, peintes à l’eau du lac fig. 3 fig. 4fig. 5fig. 6fig. 7fig. 8fig. 9 fig. 10fig. 11fig. 12fig. 13fig. 14. Exceptionnelles et inédites, elles demeurent à tout jamais le condensé des émotions intenses vécues dans le cadre de ces résidences.
Depuis 2026, ces oeuvres font parties du Fonds Antoine Mortier de la Fondation Roi Baudouin et sont conservés aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.